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L’abondance de l’âge de pierre selon Marshall Sahlins

L’abondance de l’âge de pierre est ignorée. Marshall Sahlins affirme dans Âge de pierre, âge d’abondance que l’existence des hommes d’avant la révolution néolithique et l’introduction de l’agriculture ne se résumait pas à une lutte quotidienne pour la survie. Il conteste par là la vision de l’homme de l’économie classique selon laquelle l’individu est animé par le désir de produire et consommer toujours davantage.

L’entraide selon Pierre Kropotkine

L’âge de pierre est le premier âge d’abondance. Marshall Sahlins remet en cause la thèse selon laquelle les chasseurs-cueilleurs vivaient dans la misère. Leurs économies de subsistance ne seraient bonnes qu’à assurer la survie du groupe. Ignorant le progrès technique, elles seraient sans cesse guettées par la famine. Pour Marshall Sahlins, ce diagnostic est un travestissement idéologique de la réalité anthropologique. « Ayant attribué au chasseur des motivations bourgeoises et l’ayant muni d’outils paléolithiques, explique-t-il, nous décrétons par avance que sa situation est désespérée » (Âge de pierre, âge d’abondance). Il est donc nécessaire de changer de perspective pour comprendre l’économie des chasseurs-cueilleurs. La clé est le rapport au besoin des sociétés primitives. Alors que les sociétés industrielles ambitionnent de satisfaire toujours plus les besoins de l’individu, les chasseurs-cueilleurs s’adaptent à la générosité de leur environnement naturel. Contrairement au préjugé selon lequel ils passeraient leur vie à chercher de quoi se nourrir, les études de terrain montrent qu’ils n’y consacrent que 3 à 5 heures par jour — le reste du temps étant dévolu aux loisirs et aux rites communautaires. Ainsi, les sociétés primitives résolvent le problème de l’épuisement des ressources en se déplaçant : ce n’est pas un dysfonctionnement, mais une logique économique. Marshall Sahlins précise que ce nomadisme entraîne diverses conséquences, comme l’impossibilité de s’encombrer de possessions, ou la nécessité de limiter la taille de la communauté.

Discours sur l’origine de l’inégalité, Rousseau

Marshall Sahlins analyse l’abondance de l’âge de pierre

L’abondance de l’âge de pierre repose sur une organisation de la production. Marshall Sahlins met en évidence le fait que la maisonnée, qui désigne à la fois la famille restreinte et l’ensemble des individus vivant sous un même toi, est l’unité de production et de consommation des sociétés primitives. Il baptise cette organisation de la production « Mode de Production Domestique » (M. P. D.) et il en établit les caractéristiques à partir des données ethnographiques de diverses régions du monde (Brésil, Ghana, Laos ou Zimbabwe). De son point de vue, la caractéristique fondamentale est la sous-production. Les sociétés primitives sous-utilisent tant les ressources naturelles (dans la chasse, la cueillette, ou l’agriculture sur brûlis) que la main-d’œuvre. Marshall Sahlins compare ainsi le « surmenage des Européens » à la culture du travail des chasseurs-cueilleurs, dont seule une frange — les membres dans la meilleure condition physique — dépense son énergie de manière intermittente. « Leurs aménagements économiques, explicite l’anthropologue, s’inspirent de la profusion originelle, de la foi en la munificence de la nature et l’abondance de ces ressources, et non du désespoir né d’une conscience de l’insuffisance des moyens humains » (Âge de pierre, âge d’abondance). Dans le détail, l’unité de production primitive repose sur la division des tâches en fonction du sexe, sur la simplicité de la technologie, et la limitation de la production au niveau nécessaire à la subsistance. Elle forme ainsi une combinaison d’autarcie et d’anarchie que Marshall Sahlins rapproche de l’idée d’état de nature.

Le travail selon Marx

L’abondance de l’âge de pierre a une dimension politique. Marshall Sahlins montre que les maisonnées sont liées par une interdépendance et par une forme de pouvoir politique. Pour ce faire, il observe l’effet des relations sociales sur la production et la distribution des richesses. Il constate tout d’abord que la parenté influence la production économique : la maisonnée produit davantage afin de pouvoir subvenir aux besoins de parents qui vivent dans d’autres maisonnées. Dès lors, une conception plus large de la parenté entraîne une intensification de la production. Marshall Sahlins souligne également la spécificité de la situation économique du chef. Celui-ci préserve l’unité de la communauté en distribuant largement et égalitairement des richesses, ce qui, dans certains systèmes de chefferie, le contraint à produire un surplus à redistribuer (quand les membres visent seulement la subsistance). Cette imbrication du politique et de l’économique révèle la dimension cruciale de l’échange dans les sociétés primitives. Mobilisant la théorie du don de Marcel Mauss, Marshall Sahlins reproche aux sociétés industrielles de méconnaître la dimension sociale de l’échange : « c’est la relation sociale qui conjoint « acheteur » et « vendeur », pas le prix » (Âge de pierre, âge d’abondance). Telle est la différence essentielle avec les sociétés primitives. Dans celles-ci, les tribus, l’échange avait une valeur diplomatique entre tribus qui peuvent se faire la guerre ; dans les sociétés industrielles, en revanche, la méconnaissance de la valeur sociale de l’échange lui confère une dimension conflictuelle, faite de concurrence et de méfiance.

La société contre l’État selon Pierre Clastres

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Qui est Romain Treffel ?

Passionné par les idées, je veux vous aider à mieux comprendre votre existence grâce au meilleur de la pensée. C’est dans cet esprit que je travaille à rendre les grands concepts plus accessibles et les grands auteurs plus proches de nous.

Passé par l’ESCP, la Sorbonne, et l’École Normale Supérieure, j’aide également les étudiants à réussir les épreuves littéraires des concours des grandes écoles.

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