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L’impuissance apprise selon Martin Seligman

L’impuissance apprise est un état psychologique. Le psychologue américain Martin Seligman explique dans son article L’impuissance apprise (1972) que subir un événement sur lequel on n’a aucun pouvoir peut condamner l’esprit humain à la résignation et à la passivité. Cette conclusion signifie en particulier que les expériences traumatiques risquent d’annihiler la motivation de l’individu à trouver des solutions.

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L’impuissance apprise est une découverte expérimentale. Les psychologues Martin Seligman et Steven F. Maier menaient des expériences pour étudier la dépression. Ils ont opéré en plusieurs étapes. Ils ont d’abord noté des symptômes d’impuissance chez des chiens qui avaient été conditionnés à anticiper un choc électrique après avoir entendu un son. Ils ont ensuite placé les animaux sur une surface dont seule une partie était électrifiée. Cette première modification s’est déjà avérée révélatrice : les chiens qui avaient subi des chocs ne tentaient pas de s’échapper sur la surface non électrifiée. « Nous utilisons le terme « impuissance apprise », écrit Martin Seligman, pour décrire l’interférence avec la réponse adaptative produite par un choc inéluctable, et aussi comme raccourci pour décrire le processus qui, selon nous, sous-tend le comportement » (L’impuissance apprise). Les deux chercheurs ont encore conçu une autre version de l’expérience. Ils ont réparti les chiens en 3 groupes : ceux du 1er groupe sont attachés à un harnais pendant un certain temps, puis relâchés ; ceux du 2ème groupe sont attachés aux mêmes harnais, et soumis à des chocs électriques qu’ils peuvent éviter ; ceux du 3ème subissent le même sort que ceux du 2ème groupe, mais ne peuvent pas contrôler les chocs électriques. Les 3 groupes sont ensuite soumis à un test simple où l’animal peut apprendre à éviter un choc électrique.

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Martin Seligman lie l’impuissance apprise à la dépression

L’impuissance apprise permet de comprendre la dépression. La dernière version de l’expérience de Martin Seligman et Steven F. Maier confirme ce qu’ils avaient constaté dans la première version. Seuls les chiens du 3ème groupe — ceux qui avaient appris qu’ils étaient impuissants — ne parvenaient pas à apprendre à éviter le choc électrique. En raison de la première partie de l’expérience, ils avaient développé une attente cognitive selon laquelle rien de ce qu’ils faisaient ne pouvait arrêter les chocs. Or, Martin Seligman et Steven F. Maier ont remarqué que ces chiens (ceux du 3ème groupe) montraient des symptômes similaires à ceux de la dépression chronique. Ils ont donc lié l’impuissance apprise chez l’animal à la dépression chez l’être humain : « le phénomène de la dépression humaine, en particulier la dépression réactive, a un certain nombre de similitudes avec le phénomène de l’impuissance apprise » (L’impuissance apprise). Ainsi, l’impuissance apprise, observée chez différentes espèces animales, peut également affecter l’être humain. Dans le détail, les études sur l’homme l’associent à plusieurs troubles psychologiques spécifiques : en premier lieu la dépression ; mais aussi l’anxiété, les phobies, la timidité et la solitude. Si l’impuissance apprise n’est pas l’unique cause de ces troubles, lorsqu’elle s’y surajoute, elle les exacerbe. Enfin, elle peut se développer tôt dans l’esprit humain. Les enfants élevés dans des institutions tendent par exemple à présenter des symptômes d’impuissance, parce que leur dépendance à l’égard de l’institution leur apprend que leur sort n’est pas entre leurs mains.

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L’impuissance apprise révèle la valeur de l’optimisme. Dans les expériences de Martin Seligman et Steven F. Maier, les chiens rendus impuissants se résignent à leur sort, de telle sorte qu’ils sont incapables d’améliorer leur situation par eux-mêmes. Les deux chercheurs ont cependant trouvé une solution : ils ont réussi à apprendre aux chiens impuissants à éviter le choc électrique, ce qui les a ramenés à l’état psychologique des autres chiens. Martin Seligman baptise cette solution la « thérapie directive » : « quand la « thérapie directive » est utilisée […], tous les chiens commencent finalement à répondre d’eux-mêmes. La récupération de l’impuissance est complète et durable  » (L’impuissance apprise). Cette solution suggère qu’une intervention extérieure est nécessaire pour combattre la dépression. Il faudrait apprendre à l’individu déprimé qu’il n’est pas impuissant en lui faisant connaître une expérience positive. Martin Seligman appelle cela « l’optimisme acquis ». Cette perspective thérapeutique a inspiré l’émergence d’une nouvelle branche de la psychologie, la « psychologie positive », dont Martin Seligman est considéré comme le père fondateur. Alors que les branches traditionnelles de la pensée psychologique se concentrent sur les dysfonctionnements et les comportements anormaux, la psychologie positive veut, comme son nom le suggère, aider les gens à être plus heureux. Cette ambition a conduit Martin Seligman sur le territoire du développement personnel. Il est devenu un peu un gourou de l’optimisme. Ses livres (par exemple La force de l’optimisme) apprennent aux gens à cultiver l’optimisme afin de surmonter la tristesse et le découragement.

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Qui est Romain Treffel ?

Passionné par les idées, je veux vous aider à mieux comprendre votre existence grâce au meilleur de la pensée. C’est dans cet esprit que je travaille à rendre les grands concepts plus accessibles et les grands auteurs plus proches de nous.

Passé par l’ESCP, la Sorbonne, et l’École Normale Supérieure, j’aide également les étudiants à réussir les épreuves littéraires des concours des grandes écoles.

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