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Le mythe du bon sauvage de Rousseau

Le mythe du bon sauvage théorise l’origine de l’homme. Dans son Discours sur l’origine de l’inégalité, Jean-Jacques Rousseau remonte jusqu’à l’état de nature en prenant soin de ne pas y transposer les caractéristiques de l’homme social. Il conteste à la fois la vision de Hobbes, qui compare l’homme naturel à un loup qui menace son semblable, et à la vision de Montesquieu, qui insiste sur la crainte et la timidité des premiers hommes.

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Le mythe du bon sauvage décrit l’homme préhistorique. Jean-Jacques Rousseau réfléchit à une époque où il n’existe pas de connaissances fiables sur l’histoire du corps et de la psychologie humains. C’est pourquoi il dessine à grands traits l’homme « tel qu’il a dû sortir des mains de la nature » : « Je vois un animal moins fort que les uns, moins agile que les autres, mais, à tout prendre, organisé le plus avantageusement de tous. Je le vois se rassasiant sous un chêne, se désaltérant au premier ruisseau, trouvant son lit au pied du même arbre qui lui a fourni son repas, et voilà ses besoins satisfaits » (Discours sur l’origine de l’inégalité). Rousseau fait l’hypothèse que le bon sauvage menait une vie isolée. À l’état de nature, les individus étaient dispersés sur la Terre. La densité humaine était très faible comparée à la promiscuité dans laquelle vivent les hommes civilisés. Le philosophe postule aussi que le bon sauvage était résistant pour survivre dans l’environnement sauvage. Il compare cette sélection naturelle à l’éducation des enfants spartiates : seuls les individus qui jouissent d’une bonne constitution gagnent en robustesse, tandis que les autres périssent. Enfin, il imagine un combat à mains nues entre le bon sauvage et l’homme civilisé. Rousseau estime que l’homme naturel vaincra, car il a toutes ses forces en lui-même (alors que l’homme civilisé est dépendant de ses machines).

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Le bon sauvage de Rousseau est-il un mythe ?

Le mythe du bon sauvage dévalorise la civilisation. En effet, Rousseau s’en sert pour mettre en lumière le fait que la sortie de l’état de nature a corrompu l’âme humaine. Il s’oppose par là à la foi des Lumières en le progrès de l’humanité. Elle a certes progressé sur le plan matériel, mais elle a régressé sur le plan moral. En raison de la perfectibilité, l’évolution de la vie humaine au cours des siècles a transformé la psychologie humaine. Or, le problème majeur est que l’homme civilisé a perdu la tranquillité du bon sauvage. Le premier est anxieux parce qu’il vit dans le calcul, tandis que le second vit dans le présent, sans se préoccuper du lendemain. Pour Rousseau, les désirs du bon sauvage se réduisent à ses besoins : « l’homme sauvage, privé de toute sorte de lumières, n’éprouve que les passions de cette dernière espèce, ses désirs ne dépassent pas ses besoins physiques ; les seuls biens qu’il connaisse dans l’univers sont la nourriture, une femelle et le repos, les seuls maux qu’il craigne sont la douleur et la faim » (Discours sur l’origine de l’inégalité). Pour autant, le « bon » sauvage n’est ni bon ni mauvais. S’il ignore le vice, il ignore tout autant la vertu — il se contente de suivre son instinct pour survivre (en particulier, il recourt à la violence uniquement pour se protéger). Rousseau conclut que l’homme naturel est serein parce qu’il ne connaît pas l’envie propre à la vie sociale civilisée.

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Le mythe du bon sauvage n’est peut-être pas un mythe. Rousseau a créé une ambiguïté concernant la nature de son analyse de l’homme naturel en écrivant « Commençons donc par écarter tous les faits » dans l’introduction de son Discours sur l’origine de l’inégalité. Une première interprétation consiste à prendre la phrase dans son sens littéral. De ce point de vue, le philosophe annonce simplement qu’il va se servir de son imagination pour décrire le bon sauvage de l’état de nature ; qu’il s’agit donc bien d’un mythe, d’une fiction théorique heuristique, c’est-à-dire que le mythe du bon sauvage est une hypothèse non vérifiée qui sert à guider la réflexion. Mais outre le caractère alambiqué de cette méthode, une autre interprétation est possible. En effet, à l’époque de Rousseau, les auteurs commençaient à peine à pouvoir émettre des conjectures sur l’origine de l’homme. « Les faits » admis concernant l’histoire de l’humanité se trouvaient donc dans la Genèse, et les autorités religieuses protégeaient l’autorité du récit biblique. De ce point de vue, « Commençons donc par écarter tous les faits » serait donc une phrase prudentielle. Le philosophe aurait désarmé la censure en prétendant essayer de comprendre comment l’histoire de l’humanité se serait déroulée sans tenir compte de la création divine. Mais en réalité, il aurait mobilisé les connaissances anthropologiques de l’époque (il avait lu le Comte de Buffon, par exemple) pour décrire l’homme naturel. Selon cette seconde interprétation, le bon sauvage de Rousseau ne serait donc pas un mythe.

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Qui est Romain Treffel ?

Passionné par les idées, je veux vous aider à mieux comprendre votre existence grâce au meilleur de la pensée. C’est dans cet esprit que je travaille à rendre les grands concepts plus accessibles et les grands auteurs plus proches de nous.

Passé par l’ESCP, la Sorbonne, et l’École Normale Supérieure, j’aide également les étudiants à réussir les épreuves littéraires des concours des grandes écoles.

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