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La société du risque selon Ulrich Beck

La société du risque est la nouvelle forme de la vie collective. Dans La société du risque, Ulrich Beck affirme que la caractéristique inédite des sociétés de la fin du XXe siècle est qu’elles génèrent elles-mêmes des risques qui les menacent. Si son analyse publiée peu après l’accident de Tchernobyl considère en priorité les risques liés aux sciences et aux techniques, elle prend également en compte les risques économiques, sociaux, politiques, et même psychologiques.

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La société du risque est vulnérable. Le point de départ de la réflexion d’Ulrich Beck est la transformation de la société occidentale de la fin des Trente Glorieuses. Il constate que la question sociale (le sort des ouvriers) n’est plus l’enjeu politique essentiel, dans la mesure où la société devient postindustrielle. Ce qui la caractérise désormais, c’est le risque. Cette notion complexe renvoie à la fois à la peur de l’individu, à la probabilité qu’un événement survienne, ainsi qu’à la gravité de cet événement. Le sociologue met ainsi en évidence le fait que les individus sont de plus en plus exposés à des risques de toutes sortes (économiques, environnementaux, sanitaires, etc.) qui affectent leur mode de vie et leur bien-être. En fait, c’est une propriété qui définit le mode de production économique : « la production sociale de richesses est systématiquement corrélée, pose Ulrich Beck à la production sociale de risques » (La société du risque). Les risques sont donc en premier lieu économiques. La mondialisation et la financiarisation rendent les citoyens vulnérables aux aléas de la prospérité. Par exemple, les crises financières et les vagues de licenciements peuvent fortement dégrader le niveau de vie de la population. Les risques sont également environnementaux, tels la pollution de l’air, de l’eau, ou les catastrophes naturelles engendrées par le réchauffement climatique. Enfin, Ulrich Beck évoque aussi les risques sanitaires, d’origine naturelle ou artificielle.

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Ulrich Beck évoque l’enjeu politique de la société du risque

La société du risque est menacée par des risques globaux. C’est sur ce type de risques qu’Ulrich Beck centre son analyse, parce qu’ils représentent un défi inédit pour les sociétés contemporaines. En effet, comme ils sont engendrés par les activités humaines qui ont des incidences à l’échelle planétaire, ils dépassent les frontières nationales. L’exemple emblématique de ce type de risques est le changement climatique. Les perturbations causées par le réchauffement de la Terre (tempêtes, sécheresses, inondations, etc.) sont par définition des menaces globales qui concernent l’ensemble de la planète. Logiquement, seule la coopération internationale est en mesure de gérer efficacement de tels risques. Dès lors, des enjeux locaux dépendent paradoxalement de solutions globales. « La destruction et les risques causés par l’industrialisation ne respectent pas non plus les frontières des États, explique Ulrich Beck. Ils finissent par suspendre la vie d’un brin d’herbe de la forêt bavaroise à l’efficacité d’un accord sur la lutte internationale contre la pollution » (La société du risque). Le sociologue souligne également les risques globaux liés au développement des moyens de communication. Étant donné que les technologies de l’information sont indispensables au fonctionnement quotidien des sociétés modernes, elles les exposent à des risques de panne, de sabotage, ou de cyberattaque aux conséquences potentiellement dramatiques. Enfin, les catastrophes sanitaires relèvent également du risque global. Ulrich Beck donne les exemples de la grippe aviaire et de la grippe H1N1 pour illustrer l’insuffisance de la coopération internationale en matière de santé publique.

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La société du risque a besoin d’une nouvelle organisation. Pour Ulrich Beck, en effet, le cadre politique de la société industrielle n’est plus adapté aux enjeux du monde postindustriel. C’est pourquoi une refondation complète des formes classiques de la vie publique est nécessaire. En termes de logique globale de l’organisation de la société, la logique de la répartition de richesses doit céder la place à la logique de la répartition des risques, qu’ils soient sociaux, économiques, politiques ou environnementaux. Or, cette substitution change complètement la politique. Certaines questions deviennent des enjeux pour le destin collectif, tandis que d’autres perdent leur intérêt politique. « La politique devient apolitique, écrit Ulrich Beck, ce qui était apolitique devient politique » (La société du risque). En pratique, la transformation doit faire émerger de nouvelles formes de revendication ; redéfinir le rôle de l’État, des institutions et des organisations. Le sociologue valorise tout particulièrement l’intérêt de la démocratie dans l’évolution nécessaire. La création de mécanismes de consultation et de débat public permettrait de donner aux citoyens un réel pouvoir de décision à l’égard des politiques qui engendrent des risques pour eux. Par exemple, la construction d’une centrale nucléaire devrait être une décision collective. Les différentes parties prenantes (les habitants de la région concernée, les acteurs de l’écologie, les scientifiques, etc.) devraient échanger afin d’aboutir à une délibération qui reflète la répartition des risques. Ulrich Beck précise toutefois que de telles solutions démocratiques présupposent que les citoyens disposent d’informations fiables sur les risques.

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Qui est Romain Treffel ?

Passionné par les idées, je veux vous aider à mieux comprendre votre existence grâce au meilleur de la pensée. C’est dans cet esprit que je travaille à rendre les grands concepts plus accessibles et les grands auteurs plus proches de nous.

Passé par l’ESCP, la Sorbonne, et l’École Normale Supérieure, j’aide également les étudiants à réussir les épreuves littéraires des concours des grandes écoles.

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